{"id":4140,"date":"2019-03-25T09:04:54","date_gmt":"2019-03-25T08:04:54","guid":{"rendered":"https:\/\/compagnielessignatures.com\/?p=4140"},"modified":"2025-01-21T22:57:20","modified_gmt":"2025-01-21T21:57:20","slug":"parce-que-jen-avais-besoin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/compagnielessignatures.com\/?p=4140","title":{"rendered":"Parce que j\u2019en avais besoin"},"content":{"rendered":"\n<p>En ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2019, la Compagnie Les Signatures a eu le plaisir de vous offrir une programmation plac\u00e9e sous le signe de l\u2019amiti\u00e9 avec le spectacle&nbsp;<em>Parce que j\u2019en avais besoin.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Con\u00e7ue par Fran\u00e7oise Gillard et port\u00e9e par une \u00e9quipe soud\u00e9e, cette cr\u00e9ation m\u00ealant la danse, la musique et le th\u00e9\u00e2tre a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 la MAC (Maison des Arts de Cr\u00e9teil) du 12 au 14 mars, puis du 19 au 23 mars au th\u00e9\u00e2tre du Gymnase-Bernardines \u00e0 Marseille, o\u00f9 on la pr\u00e9sentait ainsi : \u201cTout de gr\u00e2ce et d\u2019\u00e9l\u00e9gance, un spectacle ovni \u00e0 nul autre pareil car Fran\u00e7oise Gillard est une f\u00e9e qui a de la fantaisie \u00e0 revendre et le go\u00fbt de l\u2019inconnu.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne r\u00e9sistons pas au plaisir de relayer ici le joli texte de V\u00e9ronique Hotte, critique dramatique et r\u00e9dactrice du site&nbsp;<a href=\"https:\/\/hottellotheatre.wordpress.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hottello<\/a>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Parce que j\u2019en avais besoin<\/em>, de Fran\u00e7oise Gillard<\/p>\n\n\n\n<p>Une belle exigence de confiance, de bienveillance et de vigilance, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019autre qu\u2019on r\u00e9conforte et qui nous r\u00e9conforte, telle est la juste valeur d\u2019une amiti\u00e9 v\u00e9cue.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot est pr\u00e9cieux, \u00ab amiti\u00e9 \u00bb, qu\u2019il ne faut pas galvauder. Aussi la Cour de Cassation a-t-elle pr\u00e9cis\u00e9 en janvier 2017, selon l\u2019\u00e0-propos du spectacle de Fran\u00e7oise Gillard,&nbsp;<em>Parce que j\u2019en avais besoin,<\/em>&nbsp;qui traite de l\u2019amiti\u00e9, qu\u2019 \u00ab \u00eatre ami Facebook n\u2019est pas une relation d\u2019amiti\u00e9 \u00bb, qu\u2019on ne peut pas s\u00e9rieusement, de ce fait, se targuer de \u00ab poss\u00e9der \u00bb 150 amis sur les r\u00e9seaux sociaux \u2013 pure illusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les relations d\u2019amiti\u00e9 entretiennent un sentiment de bien-\u00eatre et du bonheur d\u2019exister, le sentiment de solitude inflige une souffrance aux \u00e2mes sans amis.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Parce que j\u2019en avais besoin<\/em>&nbsp;\u2013 titre du spectacle de Fran\u00e7oise Gillard \u2013 pourrait \u00eatre un rappel du leitmotiv \u201cParce que c\u2019\u00e9tait lui ; parce que c\u2019\u00e9tait moi\u201d, une expression anaphorique \u00e0 travers laquelle Montaigne, l\u2019auteur des&nbsp;<em>Essais<\/em>, r\u00e9sume l\u2019amiti\u00e9 fulgurante qui le lia de 1558 \u00e0 1563 \u00e0 Etienne de La Bo\u00e9tie avant la mort de celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amiti\u00e9 tient aussi \u00e0 la relation au temps, aux jours et aux ann\u00e9es qui passent dans une vie, selon le rythme spatial et al\u00e9atoire des rapprochements et des \u00e9loignements physiques, successifs ou altern\u00e9s, car l\u2019amiti\u00e9 est fragile, tenue \u00e0 presque rien, un fil.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9taphore du fil, du lien et du tissu \u2013 une imbrication savante des fils entre eux \u2013 est fil\u00e9e avec d\u00e9licatesse dans ce spectacle m\u00ealant danse, musique et th\u00e9\u00e2tre. Pour le spectacle dont elle est l\u2019inspiratrice, la metteuse en sc\u00e8ne r\u00e9unit sur le plateau un quatuor compos\u00e9 de quatre com\u00e9diens, dont un musicien et une violoncelliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Florence Hennequin lie amiti\u00e9 avec son instrument de pr\u00e9dilection, le violoncelle, tout en le laissant de c\u00f4t\u00e9, parfois, pour aller s\u2019amuser avec ses trois acolytes, afin de danser et de tourner en leur compagnie, jouer des bras et des mains qui se l\u00e8vent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le com\u00e9dien Yannick Gonzalez est danseur et musicien, rejoignant de temps \u00e0 autre sa clarinette basse et ses instruments de percussions, le troisi\u00e8me des com\u00e9diens \u2013 le plus grand physiquement \u2013 qui vient semer le trouble dans le duo initial apparu.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce duo est compos\u00e9 de Benjamin Jungers \u2013 le plus petit \u2013 et de Julien Lemonnier \u2013 le moyen -, deux com\u00e9diens dont l\u2019amiti\u00e9 lyc\u00e9enne dure depuis plus de vingt ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois interpr\u00e8tes r\u00e9unis sur la sc\u00e8ne prennent plaisir \u00e0 fouler le terrain fragile du langage du corps, s\u2019adonnant naturellement \u00e0 une rencontre singuli\u00e8re artistique, accordant aux moindres gestes choisis \u2013-mouvements conscients \u2013 le pouvoir de l\u2019indicible, non seulement des mots mais encore des sensations et des impressions.<\/p>\n\n\n\n<p>Un lien d\u2019amiti\u00e9 dont on s\u2019amuse, qu\u2019on tire, qu\u2019on arr\u00eate ou bien qu\u2019on jette, selon l\u2019humeur maladroite. Qu\u2019on voie un banc \u00e0 prendre dans un square, et les trois amis se disputent pour occuper \u00e0 un ou \u00e0 deux le mobilier urbain en question, bousculant le troisi\u00e8me pour qu\u2019il laisse sa place, et les r\u00f4les changent et s\u2019inversent \u00e0 l\u2019infini.<\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e9change de m\u00eame ses t-shirts, le v\u00eatement enfil\u00e9 de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, puis enlev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux voilages \u2013 des rideaux l\u00e9gers et transparents -, ils signifient la qualit\u00e9 des liens et des attaches qu\u2019on ne saurait \u00e9luder mais au contraire, fortifier. Et plus le temps passe, plus tombent des cintres des rideaux \u00e9vanescents dont le plus grand des danseurs se rev\u00eat pour repr\u00e9senter un arbre aux branches ouvertes vers l\u2019autre \u2013 une jolie figure du partage de soi dans l\u2019\u00e9panouissement et l\u2019efflorescence absolue.<\/p>\n\n\n\n<p>V\u00e9ronique Hotte<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son \u00e9mission&nbsp;<em>Jeux de sc\u00e8ne<\/em>&nbsp;sur Radio Soleil, la critique Chantal Ozouf salue quant \u00e0 elle une oeuvre \u201csensible, gracieuse, pleine d\u2019\u00e9l\u00e9gance\u201d :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/compagnielessignatures.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Extrait-Jeux-de-scene.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><audio preload=\"none\"><\/audio><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20240622051021im_\/https:\/\/i2.wp.com\/compagnielessignatures.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/course-amis-1024x693.jpeg?resize=790%2C535\" alt=\"\" class=\"wp-image-540\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Photo : Patrick Berger<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2019, la Compagnie Les Signatures a eu le plaisir de vous offrir une programmation plac\u00e9e sous le signe de l\u2019amiti\u00e9 avec le spectacle&nbsp;Parce que j\u2019en avais besoin. 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